Bangor


 
Bangor signifie monastère (regroupement) et doit son nom à la christianisation de l'île par les gallois au Vème siècle. Le nom de Bangor est celui de trois localités du Pays de Galles et de deux d'Irlande.

Les émigrés bretons arrivent du pays de Galles à la fin du Vème siècle et donnent son nom à Bangor. Bangor est desservi d'abord par un moine, lorsque Belle-Ile est donnée en 1004 à l'abbaye de Redon, puis cédée en 1029 à celle de Sainte-Croix de Quimperlé. En effet, après l'invasion normande, Bangor devient possession, avec l'ensemble de l'île, des moines de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé. Vers 1029, le quartier de Bangor devient paroisse.

C'est à Bangor que réside le prévôt ecclésiastique député par l'Abbaye de Sainte-Croix. Le prieuré de Quimperlé, non localisé à ce jour, est saccagé en 1313 par les Anglais. En 1454, la bulle Nicolas V excommunie les pirates qui ravagent Belle-Ile à savoir "des églises et plusieurs lieux saints séculiers et réguliers" (ecclesias quoque et alia pia loca soecularia et regularia). Belle-Ile est échangée en 1585 au profit du duc de Retz. Relevant du Saint-Siège, la paroisse de Bangor est annexée au diocèse de Vannes en 1666.

En 1761, la ville est occupée par l'armée anglaise et en 1766, trente deux familles d'Acadiens s'installent sur le territoire de la paroisse.
Bangor est érigé en commune en 1790 et dépend alors du canton du Palais et du district d'Auray.

Voilà certes un nom qui vient d'outre-mer. On trouve en effet dans le pays de Galles deux Bangor : l'un, grand établissement monastique, sur les bords du Dée, dans le comté de Flint ; l'autre, siège épiscopal, sur le bord de la mer, dans le comté de Caernarvon ; un troisième Bangor, situé en Irlande, non loin de Belfast, a compté jusqu'à 4000 moines. Notre Bangor armoricain est l'une des quatre paroisses de Belle-Ile. Sa superficie est de 2494 hectares, dont le tiers environ est inculte. Le sol est à une hauteur moyenne de 30 mètres au-dessus du niveau de la mer ; ses côtes escarpées, à pic et d'un accès difficile, résistent depuis des siècles aux assauts quotidiens de l'Océan. En 1891, la population est de 1615 habitants.

Le bourg, à peu près central, est à 5 kilomètres du Palais. Les Celtes ont laissé une pierre branlante et un menhir près du moulin de Gouch ; un cromlech et deux menhirs isolés, avec des tombelles, dans la lande de Runello ; deux dolmens, dont un ruiné, à Runedaul. Il est à remarquer que le sol de l'île est schisteux et quartzeux, et que le granit qu'on trouve dans ces monuments a dû être apporté du continent. On a découvert aussi quelques armes et instruments en bronze à Calastrenn : ils sont actuellement au Musée archéologique. Les Romains ont ensuite occupé l'île. 

A la fin du Vème siècle et au commencement du VIème, de nombreux émigrés bretons s'établirent dans ce pays ; et si l'on tient compte du nom de Bangor, on est porté à croire que la plupart d'entre eux venaient du pays de Galles : le nom leur rappelait la patrie perdue. A la fin du IXème siècle, et surtout au commencement du Xème, les Normands ravagèrent ce territoire, et en chassèrent presque tous les habitants. L'île ayant été donnée, en 1004, à l'abbaye de Redon, et cédée, en 1029, à celle de Quimperlé, les moines se mirent à relever les ruines. Le quartier de Bangor forma de nouveau une paroisse, qui fut desservie d'abord par un moine, avec le titre de prieur, et plus tard par un prêtre séculier, avec le titre de vicaire perpétuel, et enfin celui de recteur.

Ce vicaire perpétuel, présenté par l'abbé de Quimperlé, puis par les seigneurs de Belle-Ile, était institué par le pape, et à partir de 1666 par l'évêque de Vannes. En 1756, il jouissait d'un revenu net de 350 livres. En 1765, un bon nombre d'émigrés acadiens furent transplantés à Belle-Ile ; vingt et une familles se fixèrent sur le territoire de Bangor et y firent souche (Joseph-Marie Le Mené - 1891).
Arrivée à Belle-Ile des émigrés canadiens en 1765. De nombreuses familles bretonnes et normandes s'étaient fixées au Canada et plus particulièrement en Acadie (Nouvelle Ecosse) après la conquête de Champlain. Par le traité d'Utrecht qui mit fin à la guerre de Succession d'Espagne, en 1713, l'Acadie est cédée à l'Angleterre. Les Acadiens (10 à 14 000 âmes) furent alors férocement persécutés par les Anglais pour n'avoir pas voulu se convertir au protestantisme et prêter serment d'allégeance à Sa Majesté Britannique. Il fut décidé en 1755 de les déporter. Certains acadiens réussirent à gagner la France dès 1758. C'est ainsi que 78 familles représentant 363 personnes, se fixèrent à Belle-Ile (12 familles à Palais, 32 à Bangor, 19 à Sauzon et 15 à Locmaria).

l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (1855-1879), édifiée par l'architecte Hardouin en remplacement d'un édifice primitif datant du XIème siècle et remanié aux XVIème et XVIIème siècles. L'édifice primitif, roman, est démoli en 1855 pour édifier une nouvelle église sans caractère en forme de croix latine à vaisseau unique couvert d'une voûte lambrissée. On a prétendu qu'une pierre inscrite de la date 1002 existait autrefois au pignon occidental de l'édifice.

Une autre pierre inscrite de la date 1011 se trouvait sur un pilier d'entrée de la chapelle Sainte-Anne. Lors de l'édification de l'église actuelle, on utilisa pour le porche occidental les piliers et les arcs de l'église primitive, et quelques pierres sculptées de dessins géométriques composés de cercles et de personnages frustes. Une pierre datait de 1697 et le choeur conservait une pierre inscrite de la date 1520. De l'église du XVIème siècle (1520), il ne subsiste, semble-t-il, que le mur-pignon Est. On y accédait jadis en passant sous un porche reconstruit en 1792.

Deux cloches de Bangor sont datées de 1873 et la troisième de 1879. Le retable en bois polychrome du maître-autel date du XIXème siècle et il est divisé en cinq travées. Le centre du retable est occupé par une peinture représentant le Christ marchant sur les eaux (fin du XVIIIème siècle), tandis que les travées de gauche sont occupées par les statues de saint Quentin et de saint Pierre (datées de 1809), alors que les travées de droite sont occupées par les statues de saint Pierre et de saint François d'Assise (datées de 1809).

La maquette, "le Saint-Pierre", date des années 1880. On y trouvait jadis un beau tableau de la Vierge, dans la chapelle du croisillon Sud, de l'école espagnole du XVIIème siècle.




























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